Bruxelles (Belgique), reportage
Soumaya, Walid et Karima ont entre 17 et 18 ans et viennent de lancer la Fédération lycéenne des quartiers (FLQ), le premier syndicat par et pour les élèves des quartiers populaires. Mercredi 14 octobre, ils ont mis pour la première fois les pieds au Parlement européen, à Bruxelles, où l’eurodéputée écologiste Marie Toussaint organisait un événement pour une politique européenne des quartiers populaires.
Né au cœur du mouvement qui a bloqué des centaines de lycées depuis mi-septembre, le syndicat veut donner une voix propre aux élèves de banlieue. Et rappeler que la crise écologique est subie de façon décuplée dans leurs salles de classe. Juste avant leur intervention, ils ont répondu aux questions de Reporterre.
« C’est maintenant ou jamais »
Soumaya Sarré, 18 ans, est l’un des visages du mouvement. Au printemps, au lycée Jean-Renoir de Bondy (Seine-Saint-Denis), elle dénonçait déjà, avec des camarades, des propos racistes de membres du personnel. « On est souvent les derniers à être écoutés », déplore la bachelière, aujourd’hui en double licence histoire-arabe à la Sorbonne. Alors, quand la colère a gagné les lycées, elle s’est dit : « C’est maintenant ou jamais. »
Walid Mansouri, 18 ans, a grandi à Saint-Denis. Ancien élève du lycée Rosa-Parks, il est aujourd’hui étudiant à Paris-8. « J’ai vécu toute ma vie la précarité, les cités », dit-il, vêtu d’un maillot du Paris-Saint-Germain — c’était jour de match de Ligue des champions. Sa mère est sans emploi. Son père, immigré algérien, est mineur tunnelier : il creuse les tunnels du métro du Grand Paris. « Si on ne se politise pas, on est de ceux qui prennent les décisions politiques adverses en pleine face », lance-t-il. Aux municipales de mars, il était en dernière position sur la liste de Bally Bagayoko (La France insoumise), devenu maire de…
Auteur: Alexandre-Reza Kokabi, NnoMan Cadoret
