« Nous n'acceptons plus de réparer les dégâts causés par les politiques » : des soignants rejoignent la lutte contre les pesticides

Nous, soignant⋅es, scientifiques, sommes témoins d’un paradoxe : malgré l’abondance des travaux scientifiques reliant exposition chimique et santé, malgré les alertes de l’Inserm et du Conseil national de l’Ordre des médecins, les politiques publiques se succèdent sans prendre en compte ce lien déterminant. Pire, elles vont à rebours : la loi d’urgence agricole, et la réautorisation de l’acétamipride, le montre.

Et pourtant, les études de biosurveillance nationales ne manquent pas d’être explicites : chacun est exposé, dès la période fœtale, à des substances toxiques (PFAS, pesticides, cadmium, perturbateurs endocriniens…), et ces expositions contribuent au développement de nombreuses maladies chroniques, dont certains cancers. Ces maladies seraient donc en partie évitables ; ce sont des « maladies politiques ».

Nous n’acceptons plus d’être celles et ceux qui tentent de réparer les dégâts causés par les politiques, dans un contexte d’accès aux soins toujours plus dégradé et inégalitaire. Nous pensons qu’il faut sortir de nos lieux d’exercice, et agir, de façon radicale et directe, sur les causes des maladies.

Exiger la fin du permis de tuer que se sont arrogé certains industriels

Lutter contre le cancer, ce n’est pas seulement encourager le dépistage et conseiller les patientes. C’est aussi faire de l’accès à une alimentation saine un droit pour tous et toutes, et mettre fin à la pollution généralisée qu’induit le modèle agricole dominant.

C’est pourquoi, ce 3 octobre, nous rejoindrons, aux côtés des travailleurses du monde agricole et des victimes des pesticides, une mobilisation internationale contre Syngenta, l’un des leaders mondiaux des pesticides, qui incarne parfaitement ces sociétés qui n’ont aucun compte à rendre à la santé publique et vont à l’encontre du consensus scientifique.

Nous formerons un corps solidaire de soignantes et de…

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Auteur: Catherine Marin