Roffiac (Cantal), reportage
La cloche a sonné 302 fois en un weekend, pour autant de nouvelles adhésions à leur projet. Les artisans du collectif pour la préservation de la narse de Nouvialle, une zone humide classée Natura 2000, ont fait le plein lors de la sixième édition de leur fête annuelle, du 28 au 30 août dans le Cantal. Les militants y ont dévoilé le fruit d’une étude menée sur plusieurs années : un projet économique alternatif à celui du groupe minier Imerys, qui convoite la narse pour y extraire de la diatomite.
Depuis trente ans, le géant des mines voit dans cette zone naturelle une nouvelle source d’approvisionnement pour ses deux usines situées dans les environs, où il exploite la diatomite. Cette roche sédimentaire aux capacités de filtrage intéressantes pour l’industrie agroalimentaire est présente en masse dans la zone humide. Or, la narse de Nouvialle joue un rôle de rempart contre les inondations, tout en constituant un réservoir de biodiversité et un espace essentiel à l’agriculture locale, qui serait défiguré si le projet minier allait à son terme.
Accompagné par des chercheurs de l’université Gustave-Eiffel, en Seine-et-Marne, le collectif a mené une vingtaine d’entretiens auprès d’élus, d’agriculteurs, d’entrepreneurs et d’habitants, afin de construire un projet explorant trois filières : l’agriculture, le tourisme et le bois.
S’appuyer sur les forces du territoire
« Ces recherches nous ont pris cinq ans. Nous voulions sortir du schéma classique des militants qui s’opposent uniquement, retrace Eve Alcaide, habitante de Valuéjols (Cantal) et pilote du volet tourisme. On a axé nos recherches sur des secteurs d’activité déjà existants et avec des besoins. Dans nos réflexions, nous proposons de raisonner des usages, d’exploiter nos ressources en les transformant et en gardant les bénéfices pour le territoire. »
Pour la partie bois, « les deux…
Auteur: Emma Delaunay
