C’était si prévisible. Nous savions tous qu’un jour, à force de polémiques délirantes et de punchlines se voulant assassines, les mots de la haine tueraient, de nouveau. C’est leur essence même. Nous le savions tous. Mais nous ne savions pas quand. La fièvre qui a gagné les plateaux télé et la classe politique depuis le 17 octobre nous renseignait pourtant sur l’imminence du drame. Il n’a pas fallu plus de 6 jours.
Plus voyants que visionnaires, des commentateurs de tout bord ont cru reconnaître, malgré les casques, masques et gants, des jeunes de banlieue, expression qu’il n’est plus nécessaire de traduire, chacun sait qu’elle désigne exclusivement des Noirs et des Arabes. C’était eux les fauteurs de trouble, les casseurs, les pilleurs.
Pengo Bossio Wangi, un homme noir de 26 ans, a donc été tué par le racisme. Il n’a pas été visé au hasard.
Un harcèlement méthodique. Sans aucun fondement. Le racisme le plus décomplexé qui soit. L’extrême droite en majesté. Aucune autorité n’a appelé à la raison, à la mesure, au respect, n’a même laissé craindre des poursuites judiciaires.
Il n’a pas fallu plus de 6 jours.
Le 23 octobre, à Trappes et à La Verrière, Pengo Bossio Wangi, un homme noir de 26 ans, a donc été tué par le racisme. Il n’a pas été visé au hasard. Pas plus que les 5 personnes blessées, dont une enfant de 12 ans. Ces tirs à proximité de mosquées, un jour de prière, traquaient des personnes noires, arabes et musulmanes.
Nous savions tous pourtant que cela arriverait, de nouveau.
Quand le racisme a ouvert le feu sur un groupe d’enfants, à Espaly-Saint-Marcel en Haute- Loire, en avril dernier, blessant un garçon de 10 ans, peu de voix se sont indignées.
Quand en janvier, Ismaël Aali, 20 ans, a été retrouvé sans vie dans un étang à Loire-sur-Rhône, dans le Rhône, peu de voix se sont indignées.
Quand l’islamophobie a abattu de 5 balles Hichem Miraoui, en mai…
Auteur: Collectif
