Déclaration de Jacques Cheminade, président de Solidarité & ProgrèsParis, le 15 février 2024
Nous devons tous nous considérer responsables des atrocités commises à Rafah. Et nous mobiliser sans attendre, car ce qui se produit là-bas nous concerne tous et constitue une épreuve décisive pour notre capacité d’agir humainement dans le monde.
Le gouvernement israélien a entrepris un nettoyage ethnique et des actes « pouvant être qualifiés de génocide ». Il doit se justifier devant la Cour internationale de Justice (CIJ) à partir du 19 février et rendre compte des mesures qu’il aurait dû prendre pour assurer qu’ils ne soient pas commis. Il continue pourtant aujourd’hui à s’en rendre coupable, avec un cynisme terrifiant de marchand de mort. C’est pourquoi le gouvernement sud-africain a déposé un nouveau recours devant la CIJ, en raison « des éléments nouveaux qui interviennent à Rafah » depuis sa requête du 26 janvier.
Non seulement plus de 30 000 habitants de Gaza, pour la plupart des enfants et des femmes, ont été tués par des bombardements, mais le blocage de l’aide humanitaire et de l’approvisionnement alimentaire, le tarissement des ressources en eau potable et les émanations toxiques des bombes ont créé les conditions d’une sous-alimentation chronique et du développement d’épidémies qui ne peuvent être soignées. Dans des hôpitaux détruits ou sans électricité, les blessés ne peuvent être opérés et sauvés. Un peuple désespéré erre dans les ruines du ghetto où il a été cantonné depuis plus de 70 ans. Aujourd’hui, comble du cynisme, il est bombardé à Rafah, là où il lui a été ordonné de se réfugier. Les médecins militaires qui ont parcouru les champs de bataille du monde y voient une situation sans précédent. Ils la comparent aux images du ghetto de Varsovie en 1942. Car il est pire que de tuer des êtres humains, c’est de les déshumaniser en le faisant.
Les faits sont là et…
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Auteur: Jacques CHEMINADE

