Depuis les années 2000, la population de la Géorgie est touchée de plein fouet par une crise de surendettement. Faute d’aides de l’État et dans l’incapacité de rembourser des prêts aux taux d’intérêt exorbitants, de plus en plus de familles sont expulsées de leur logement. Pour lutter contre l’hégémonie du capital financier privé, Mariam, Géorgien·ne de 29 ans, raconte la solidarité à toute épreuve qui s’est mise en place.
Je m’appelle Mariam et je viens de Géorgie. Là-bas, les banques mettent en place des taux « rapaces » sur les demandes de prêt. La plupart des familles sont dans des situations économiques d’extrême fragilité qui les force à contracter un crédit auprès des banques et des usuriers. Elles se retrouvent à rembourser une plus-value de trois à quatre fois le montant initial du prêt. Leur logement est mis en hypothèque comme garantie. Comme elles sont dans l’incapacité de payer, leur bien est saisi et elles se retrouvent à la rue.
Depuis 2022, 2 000 expulsions ont été programmées par le bureau des exécutions. Les usuriers et les banques mettent en place un système de crédit hypothécaire pour extorquer les biens dans un contexte d’explosion des coûts de l’immobilier. C’est plus que de la simple garantie. Ils refusent toute alternative de remboursement, comme les renégociations ou l’étalement des prêts. Les habitations saisies sont mises aux enchères pour être vendues cinq fois moins cher que la valeur du prix d’achat. Le sombre constat est que les logements sont revendus à des tarifs dérisoires alors que des familles ont été mises dehors à cause du taux d’intérêt élevé.
Ces pratiques sont encouragées par l’État, qui ne met aucune politique en place pour protéger les emprunteurs. Le pays est gouverné par les élites financières et l’hégémonie du capital privé fait que les riches s’enrichissent de…
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