Face à un État qui présente un tel événement comme un dommage collatéral, des questions se posent : la famille a-t-elle été tenue au courant ? A-t-elle été informée de ses droits dans une langue qu’elle comprend ? A-t-elle été traitée avec dignité ? Est-ce que l’accès à la justice lui a été garanti ? Est-ce que le corps de leur proche défunt leur sera rendu ? Malheureusement, nous avons des raisons d’en douter.
Dans son communiqué de presse, l’État de Vaud dit que le détenu trouvé inconscient a été pris en charge rapidement par les agents de détention. Mais nous savons la facilité de l’État à dissimuler ce qu’il s’est vraiment passé, tant tout contrôle de la société civile est rendu impossible par l’opacité de ces procédures.
Toujours selon le communiqué, la procureure de service a ouvert une instruction pénale et a confié les investigations au personnel de la police de sûreté. Cela veut dire que le détachement d’investigation spéciale police (DISPO), censé s’occuper également des affaires qui concernent des agents de détention, n’a pas été saisi. Soit l’inefficacité du DISPO est confirmée par l’État lui-même, soit le Ministère public part du principe que les agents de détention ont été exemplaires et décide ainsi, dès le début de l’enquête, de les écarter de toute responsabilité. Dans les deux cas, il convient de conclure encore une fois au manque total de garantie d’impartialité de l’enquête et du Ministère public en général.
Le communiqué conclut en disant que « les premières constatations tendent à exclure l’intervention d’un tiers ». Cette tournure laisse volontairement penser à un potentiel suicide ou malaise subit. Autant d’hypothèses qui permettent de masquer les conditions inacceptables de détention, qui sont pourtant la cause de ces tragédies.
En prison, les détenu·es se voient systématiquement dénier toute considération et…
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