Paris, reportage
Debout devant une grande banderole bleue estampillée « Extension de Roissy : c’est toujours non ! », maître Chloé Saynac se saisit d’un mégaphone. « On assiste à un véritable acharnement du parquet. Ce qui se passe est choquant : le ministère public est censé poursuivre au nom de l’intérêt de la société, or il s’attaque aux dernières personnes à se lever face à la catastrophe climatique. Mais nous aussi, on va s’acharner pour qu’elles obtiennent la relaxe ! »
Le 1er décembre à midi, une trentaine de personnes membres d’Action Justice Climat (AJC, ex-Alternatiba Paris), de Rester sur Terre et de Scientifiques en rébellion se sont rassemblées dans un froid glacial place du Châtelet, à Paris. Le but : apporter leur soutien à sept activistes écologistes poursuivis l’après-midi même devant la cour d’appel de Paris.
En novembre 2021, ces derniers avaient été relaxés par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) des faits de « trouble au fonctionnement d’installations aéroportuaires ». Le 3 octobre 2020, à l’initiative notamment d’AJC et d’ANV–COP21, une centaine de militants avaient envahi le tarmac de l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle (Val-d’Oise). Leur objectif était de réclamer la réduction du trafic aérien et de dénoncer le projet de création d’un nouveau terminal, le T4, prévu pour accueillir jusqu’à 40 millions de passagers supplémentaires par an d’ici 2037. Celui-ci avait finalement été annulé par l’État quatre mois plus tard, ne « correspond[ant] plus à la politique environnementale du gouvernement », dixit l’exécutif de l’époque.
Quatre ans après leur audience en première instance, et alors qu’un nouveau projet d’extension de l’aéroport a été annoncé en avril, ces sept activistes étaient donc de retour au tribunal après que le parquet a interjeté appel. Le ministère public a en outre…
Auteur: Amélie Quentel

