Selon un rapport annuel publié mardi par l’Observatoire des déplacements internes (IDMC), une ONG internationale de référence sur la question, l’immense majorité de ces personnes – 73 millions – ont été contraintes de fuir en raison de conflits armés ou de violences.
En à peine six ans, ce nombre a augmenté de 80 %, témoignant d’un phénomène structurel aggravé par la multiplication des foyers d’instabilité. « Ces chiffres sont un avertissement clair : sans une action audacieuse et coordonnée, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays continuera à augmenter rapidement », a averti la Directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, à l’occasion de la sortie de la nouvelle étude.
Soudan, Gaza, RDC
L’année 2024 a été marquée par plusieurs crises d’une intensité exceptionnelle. Le conflit au Soudan, déclenché en avril 2023 entre l’armée régulière et les paramilitaires Forces de soutien rapide (FSR), a provoqué le déplacement de plus de 11 millions de personnes à l’intérieur du pays — un record mondial pour un seul État.
Dans la bande de Gaza, la quasi-totalité de la population – plus de deux millions de personnes – était déplacée à la fin de l’année, sous l’effet d’une guerre dévastatrice et de frappes israéliennes massives ayant détruit l’essentiel des infrastructures civiles.
En République démocratique du Congo (RDC), le regain d’instabilité dans l’est du pays a entraîné plus de 5 millions de déplacements internes en 2024, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri – un record national.
Au 31 décembre 2024, 10 pays comptaient chacun plus de 3 millions de personnes déplacées par des conflits ou des violences, soit deux fois plus qu’il y a seulement quatre ans. La hausse globale du nombre de déplacés internes – 7,5 millions de plus qu’en 2023 – confirme une dynamique…
Auteur: Nations Unies FR

