Nouveaux EPR : salle comble pour le lancement du débat public

Paris, reportage

« Concernant le nucléaire, les citoyens et les citoyennes ont généralement l’impression que la décision est déjà prise et qu’ils sont mis devant le fait accompli », a lancé l’animatrice à Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public et ex-secrétaire d’État chargée de l’écologie. « Souvent, c’est plus qu’un sentiment, c’est une réalité ! » Cela sera-t-il différent cette fois ? Le débat public national sur le nucléaire a débuté jeudi 27 octobre à Dieppe et à Paris, à la Maison de l’Europe, et durera quatre mois. Il portera sur la construction de deux réacteurs nucléaires supplémentaires de type EPR2 dans la centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe, en Seine-Maritime (76). Ce débat est une obligation légale, à la dimension tant locale que nationale. Pas question de revoir radicalement la place du nucléaire en France, mais l’idée est que les Français « participe[nt] à l’élaboration des décisions sur ce sujet », comme le dit la CNDP — créée il y a vingt-cinq ans. Concrètement, « toutes les options sont ouvertes », assure EDF, et même la remise en question de « l’opportunité du programme et du projet proposés ».

Six EPR2 d’ici 2035 ? Le coût, selon EDF : 50 milliards d’euros

Le thème de cette première réunion ? L’utilité dudit débat. Il a « vraiment vocation à éclairer les parlementaires », a précisé Chantal Jouanno. Ces derniers sont appelés à voter la loi de programmation énergie climat en 2023. Résultat de ce premier jour : se sont exprimés, lors de prises de parole chronométrées, des pronucléaires — ingénieurs EDF, maires de communes… — et des anti — ONG, citoyens lambdas, élus… À Dieppe et à Paris, les salles étaient pleines. Les gens levaient leurs mains avec entrain, galvanisés par l’espoir d’être enfin pris en compte, et tant pis si l’on s’écartait du thème de l’utilité du débat. Il y avait ce maire adjoint de Brametot, une commune située à 20 kilomètres de la centrale de Penly, qui voit dans le projet d’EPR l’opportunité de nouveaux emplois pour les habitants de la région. Ou encore cette dame, membre de l’association Sans offshore (SOS) à l’horizon, qui préfère de nouveaux réacteurs nucléaires à un projet de parc éolien marin comme celui au large de Dieppe et du Tréport (Seine-Maritime). Ces futurs réacteurs font partie du vaste programme industriel lancé par EDF et RTE, le gestionnaire du réseau de transport…

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Auteur: Scandola Graziani Reporterre

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