Ils rassemblent des millions de vues, parfois davantage que certains médias traditionnels. Trois figures majeures de l’information en ligne ont été entendues au Sénat dans le cadre de la commission d’enquête sur les « zones grises » de l’information numérique. Gaspard Guermonprez (Gaspard G), Jean Massiet et Hugo Travers (Hugo Décrypte) incarnent, chacun à leur manière, une transformation profonde, celle d’un espace informationnel désormais fragmenté, où producteurs et consommateurs ne sont plus clairement distincts. Dès l’ouverture, le président de la commission de la culture, Laurent Lafon, a posé le cadre : « Votre présence illustre la transformation du paysage public », marqué par « une multiplicité d’auteurs et de canaux » et un lien direct avec des publics jeunes. Cette mission d’information s’inscrit dans un contexte de bouleversements rapides : montée en puissance des plateformes, essor des créateurs indépendants, développement de l’intelligence artificielle. Autant d’évolutions qui brouillent les frontières entre information, divertissement et communication, et qui font peser de nouveaux risques sur la lisibilité du débat public. À un an de l’élection présidentielle, ces nouveaux acteurs occupent une place croissante dans l’information des citoyens, sans bénéficier d’un cadre clair.
« Je ne me considère pas comme un journaliste »
« Je suis un gamin d’Internet », lance Gaspard…
Auteur: Emma Bador-Fritche

