Nouveaux réacteurs nucléaires : les exigences de sécurité en baisse

Les conséquences d’une rupture de tuyauterie dans un EPR peuvent être dramatiques. Et pourtant, le 15 septembre, le gendarme du nucléaire a accepté qu’EDF s’assoie sur certains dispositifs de sécurité. Pourquoi de telles largesses ? Les pièces concernées seraient assez solides, et le risque de problème, minime, argue l’électricien. Concrètement, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a validé la démarche choisie par EDF d’« exclusion de rupture » pour les tuyauteries des circuits primaire et secondaires de son projet d’EPR 2.

Rembobinons. Depuis les années 1970, la sûreté des installations nucléaires — la prévention des accidents et le fait d’en limiter les conséquences — est régie par la démarche de « défense en profondeur ». La première étape en est de prévenir les incidents ; la seconde, d’éviter qu’ils ne dégénèrent en accident. « Par exemple, cela consiste à prendre toutes les précautions et à prévoir des renforcements pour éviter que telle pompe soit défaillante ; mais de quand même prévoir la possibilité qu’elle le soit et donc de prévoir des manières de gérer la défaillance de la pompe », explique à Reporterre Yves Marignac, consultant sur le nucléaire et la transition énergétique à l’association Négawatt.

Le chantier de construction de l’EPR de Flamanville en 2010. CC BY 3.0/Schoella/Wikimedia Commons

Avec le principe d’exclusion de rupture, la deuxième étape saute. « Cela consiste à prouver que la pompe est tellement fiable et robuste qu’on n’est pas obligé de considérer sa possible défaillance et les parades à prévoir si elle survenait », poursuit l’expert. EDF estime que, dans son projet de réacteur EPR 2, les tuyauteries des circuits primaires — qui évacuent la chaleur dégagée dans le cœur du réacteur grâce à une circulation d’eau sous pression — et des circuits secondaires — qui convertissent la chaleur du circuit primaire en électricité via la formation de vapeur entraînant des turbines — répondent à ce principe. Pour en convaincre l’ASN, EDF a dû s’attacher aux moindres détails. « Par exemple, au niveau de la conception des circuits pour éviter certains coudes ; au niveau de la géométrie de l’ensemble, pour pouvoir aller contrôler chaque pièce à tout moment de manière approfondie ; au niveau de la fabrication, en préférant des pièces forgées à des pièces moulées », énumère le consultant de Négawatt. Julien Collet, directeur adjoint de l’ASN, évoque de…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Émilie Massemin (Reporterre) Reporterre

Pour l’actu indépendante

🌍 Soutenez l’info libre. Gardez OnePlanète vivant et sans pub
→ ko-fi.com/oneplanetecom

Buy Me a Coffee at ko-fi.com