Près de 8 mois après le début d’émeutes insurrectionnelles en Nouvelle-Calédonie, l’archipel s’apprête à se doter d’un nouveau gouvernement mardi 7 janvier 2024. Selon toute vraisemblance, les non-indépendantistes devraient l’emporter. Au détriment de la reprise du dialogue ?
La chute du gouvernement indépendantiste
Depuis 2021 et pour la première fois de son histoire, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, était présidé par un indépendantiste : Louis Mapou. À la veille de Noël, 24 décembre 2024, son gouvernement a chuté, suite à la démission des élus du parti Calédonie Ensemble (non-indépendantiste modéré).
Le prochain gouvernement devrait avoir une faible espérance de vie puisque les élections provinciales devront impérativement avoir lieu avant le 30 novembre 2025. Condamné dès le départ à une dizaine de mois d’existence, ce gouvernement se retrouvera rapidement confronté à plusieurs défis : refonder et reconstuire un archipel en partie détruit par les émeutes de mai 2024, redresser les finances publiques d’une collectivité déjà lourdement endettée et au bord de la cessation de paiement et, enfin, négocier avec l’État un soutien financier sous la forme de subventions.
Enfin, il devra contribuer à la reprise des discussions institutionnelles tripartites entre indépendantistes, non-indépendantistes et l’État, pour espérer aboutir à une solution consensuelle avant novembre 2025.
Il ne fait aucun doute que le prochain gouvernement s’apprête à changer de majorité. Dans leurs derniers communiqués, les partis non-indépendantistes rivalisent d’ailleurs de superlatifs et appellent de leur vœu un gouvernement d’intérêt général ou encore un gouvernement « transpartisan de salut public au service du peuple calédonien » pour surmonter ces différents défis.
Le rôle pivot d’un parti non-aligné, l’Éveil océanien
Cette alternance politique est la…
Auteur: Pantz Pierre-Christophe, Chercheur associé à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), Université de Nouvelle Calédonie

