Le parc naturel de la mer de Corail, qui s’étend sur 1,3 million de km2 et dont une partie figure au patrimoine mondial de l’UNESCO, restera donc intact jusqu’en 2075. Avec cette prise de position à la portée écologique et symbolique puissante, le gouvernement kanak-calédonien se place en véritable défenseur de cet écosystème particulièrement riche, où se concentre 20% de la biodiversité mondiale ainsi que près d’un tiers de récifs quasiment intacts.
Les fonds marins de Nouvelle-Calédonie, un patrimoine fragile
Malgré des ressources minières abondantes sur ce territoire français, notamment en nickel, c’est le choix de la préservation qui s’est imposé pour un demi-siècle, soit deux fois plus longtemps que ce qu’ont préconisé les associations environnementales qui ont participé à l’élaboration du dossier.
« Plutôt que de céder à la logique du profit immédiat, la Nouvelle-Calédonie peut choisir d’être pionnière dans la protection des océans », a déclaré Jérémie Katidjo Monnier, membre du gouvernement local chargé du dossier.
Le projet de loi, adopté avec 32 votes pour contre 10 abstentions, portées par l’intergroupe Loyalistes et Rassemblement, est l’un des plus stricts en la matière dans la mesure où il interdit strictement “toute exploitation, toute exploration et toute prospection des ressources minérales”.
Le seul cas de figure toléré reste les expéditions scientifiques, à condition que ces dernières “n’engendrent pas d’impacts significatifs sur les milieux et les équilibres naturels”.
Un choix salué par Magali Manuohalalo (Calédonie ensemble), la rapporteure du projet de loi, qui estime qu’il est nécessaire « de prendre le temps d’écouter la science et les peuples, afin d’évaluer les conséquences de l’exploitation et la pertinence d’y aller ou pas ».
Auteur: Louis Laratte

