L’« indépendance-association » est une forme institutionnelle reconnue par l’ONU dans le cadre des processus de décolonisation. Si la quasi-totalité des anciennes colonies a privilégié l’indépendance totale, quelques territoires liés à la Nouvelle-Zélande (les îles Cook) et aux États-Unis (Micronésie et les îles Marshall) ont choisi ce modèle qui permet l’indépendance dans le cadre d’une association forte entre deux nations. Cette option serait-elle pertinente pour l’archipel néo-calédonien ? Le projet proposé par le ministre des outre-mer Manuel Valls n’est pas sans rappeler l’indépendance-association, ce que lui reproche le camp loyaliste. Les discussions entre indépendantistes, loyalistes et gouvernement français reprendront à Paris, à la mi-juin, à l’invitation du président Macron, alors que Christian Tein, le leader indépendantiste, incarcéré depuis les émeutes, vient d’être remis en liberté le jeudi 12 juin.
Pour tenter de sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse politique dans laquelle elle est plongée depuis des mois, voire des années, le ministre des outre-mer propose un projet de « souveraineté avec la France ». Cette actualité place la notion d’« indépendance-association » au cœur du débat public. Source de crispations et d’inquiétudes aggravées par de forts a priori, la notion doit être déconstruite pour participer à des échanges éclairés sur l’avenir institutionnel de l’archipel.
Longtemps taboue, parfois fantasmée, souvent source d’inquiétudes, l’indépendance-association a toujours suscité de fortes crispations en Nouvelle-Calédonie, tant auprès des politiques que de la population.
C’était vrai en janvier 1985 quand l’État a proposé pour la première fois un projet portant cette dénomination pour faire évoluer le statut de l’archipel. Tout juste présenté, le « plan Pisani » (du nom du haut-commissaire de l’époque) avait…
Auteur: Léa Havard, Maître de conférences en droit public, Directrice adjointe du Laboratoire de Recherches Juridique & Économique, Université de Nouvelle Calédonie

