La question est éclipsée dans les débats depuis le début des affrontements en Nouvelle-Calédonie. Il s’agit pourtant d’un enjeu crucial : qui peut profiter des ressources minières de cet archipel du Pacifique ? Le territoire abrite à lui tout seul 20 à 30 % des ressources mondiales en nickel, un élément indispensable pour fabriquer des batteries de voitures électriques. Autrement dit, les sous-sols calédoniens attirent les convoitises, et notamment celles de la France.
En novembre 2023, en visite sur l’archipel, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait donc présenté pour la première fois un « pacte nickel ». Son but : faire sortir de la faillite les trois usines métallurgiques du territoire, spécialisées dans le traitement du nickel. En effet, si la Nouvelle-Calédonie est riche en minerais, le secteur est en crise. Coût exorbitant de l’énergie, chute des cours du métal, baisse des ventes, concurrence avec les mines indonésiennes… La filière est en grande difficulté, alors qu’elle est la principale source de revenus pour le territoire, et qu’elle emploie 20 à 25 % des habitants.
Avec son « pacte nickel », Bruno Le Maire proposait de venir en aide aux usines en subventionnant les prix de l’énergie à hauteur de 200 millions d’euros, et de développer la capacité de production électrique sur le territoire. En échange, les collectivités locales devaient s’engager à faciliter l’accès aux ressources, et les usines devaient être exploitées par des industriels pour être « rentables ».
« Un pacte colonial »
Premier problème de cette proposition : c’est une ingérence qui passe mal. Dans le cadre de l’accord de Nouméa en 1998, la compétence de la gestion du nickel a été récupérée par la Nouvelle-Calédonie, pour qu’elle profite au développement du pays. Vingt-six ans après, le projet de Bruno Le Maire est donc perçu par les indépendantistes comme « un pacte…
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Auteur: Justine Guitton-Boussion

