Une nouvelle étude, publiée aujourd’hui dans Nature, dévoile deux jeunes exoplanètes, dont l’une toujours en formation, au sein d’un système stellaire atypique.
Mickaël Bonnefoy, astrophysicien et co-auteur de l’étude, nous explique qui sont ces « bébés exoplanètes ».
Vous nous emmenez en voyage dans un système stellaire atypique, YSES-1. Pourquoi intrigue-t-il les scientifiques ?
M. B. : Le système YSES-1 est atypique dans le bestiaire exoplanétaire. Situé à plus de 300 années-lumière de nous, ce système 270 fois plus jeune que le système solaire se compose d’une étoile analogue à notre Soleil et de deux grosses planètes, respectivement de 14 et 6 fois la masse de Jupiter, qui est pourtant de loin la plus grosse planète du système solaire. Ces exoplanètes sont aussi très éloignées de leur étoile – sur des orbites 35 et 71 fois la distance Soleil-Jupiter.
Cette architecture exotique remet en perspective l’origine et les propriétés de notre propre système solaire. YSES-1 nous permet d’étudier les propriétés de plusieurs exoplanètes joviennes jeunes, des « bébés exoplanètes », au sein d’un seul et même système.
Les données du télescope spatial James-Webb (JWST) révèlent l’intrigante nature de ces deux gros « bébés exoplanètes », et montrent que la plus massive des deux est encore en train de se forme. C’est ce que notre collaboration internationale publie aujourd’hui dans Nature.
Quelles sont les observations que vous décrivez dans votre article ?
M. B. : Grâce au télescope spatial James-Webb, nous avons observé des poussières de silicates en suspension dans l’atmosphère de la planète la moins massive et la plus lointaine de l’étoile, YSES-1 c. Ces poussières ont été prédites il y a plusieurs décennies par les études théoriques, mais c’est seulement aujourd’hui, avec ce télescope spatial, que l’on peut les observer…
Auteur: Mickael Bonnefoy, Chercheur CNRS à l’Institut de Planétologie et d’Astrophysique de Grenoble, Université Grenoble Alpes (UGA)

