Depuis la fin de l’été, la loi Rodwell a été mise en application, portant la durée de rétention à 7 mois. Les personnes enfermées avec qui nous sommes en contact, majoritairement algériennes, nous relatent une systématisation de la prolongation de l’’enfermement au delà des 90 jours, auparavant en vigueur.
Une personne enfermée nous raconte :
Là ils ont sorti la nouvelle loi, ils vont l’appliquer pour tout le monde. […] Comme A. par exemple, au bout du 90° » jour, à la dernière minute il a eu sa convocation pour le lendemain, il était en train de prendre sa douche et de se préparer pour sortir. IL sort, Îl trouve un policier, convocation pour le lendemain. Ils jouent sur le moral, ils veulent qu’on devienne ouf je sais pas. Il voulait carrément se pendre. Il a mal au cœur.
Selon la nouvelle loi, ce seraient les personnes qui ont été condamnées pour un crime ou délit « passible » de 5 ans d’emprisonnement qui pourraient être enfermées jusqu’à 210 jours.
Pourtant des personnes qui ne rentrent pas dans ces critères voient leur enfermement prolongé. Le procureur avançant la fameuse notion totalement floue de « menace à l’ordre public ».
Par l’enfermement toujours plus long et arbitraire en centre de rétention, l’État cherche à détruire psychologiquement les personnes étrangères. Rappelons que les CRAs sont un rouage indispensable au continuum colonial et à la répression raciste subie par celleux enfermé-es.
Franchement, c’est la souffrance ici. On préfère largement la prison qu’ici. […] Y a la promenade, on sait quel jour on sort. Ici on navigue dans le flou, on sait pas ce qu’il se passe.
Une autre personne raconte :
Moi je vois un psychologue dehors, je supporte le centre de rétention très difficilement. Moi je suis quelqu’un de complexe, je reste toujours tout seul, mes amis en sont témoins, je peux pas parler avec les gens, j’accepte plus l’enfermement. Même dehors,…
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