Un quotidien notoire du soir, présumé de centre-gauche, si cela signifie encore quelque chose, ce dont je doute, rapporte les paroles d’une éminente sociologue spécialisée dans l’art, et l’on sait que dans l’art, désormais, depuis que le commerce du luxe l’a mis en vitrine, tout est bon comme dans le cochon. Voici donc ce que l’éminente et gente dame surdiplômée et percevant comme un gallois les subsides de plusieurs institutions publiques et gouvernementales, dit en plein colloque à la Sorbonne, un week-end d’hiver et devant un parterre d’autres spécialistes et de non-spécialistes ou spécialisés hors université ou en voie de spécialisation, voici donc ce qu’elle demande aux hautes instances des institutions universitaires : « Un meilleur contrôle scientifique des productions fortement politisées pour qu’un enseignant ne puisse proférer que la Terre est plate ou qu’il existe un racisme d’État ». Elle ajoute que « l’arène académique devrait rester imperméable à la société civile » et qu’il faut « s’abstenir d’inviter des professionnels, des militants, des artistes dans les cours et séminaires universitaires », en vue de les « protéger de l’envahissement idéologique ».
Que la terre soit plate pourrait évidemment devenir une métaphore de notre monde envahi par les écrans de toutes sortes, mais il est possible que même les métaphores soient proscrites un jour où l’autre. Qu’il soit impossible d’affirmer qu’il existe un racisme d’État, c’est un peu difficile à admettre. Tout dépend ce que l’on entend par ‘racisme’. Le leur ? Celui de ceux qui veulent mettre des barrières et des cloisons entre les classes sociales, entre diplômés et non-diplômés, entre spécialistes et non-spécialistes, entre experts et non-experts ? Ou leur vieux racisme bien opaque qui leur permet d’inviter à un colloque, à la Sorbonne, dans les hautes sphères de l’Universitaire (peut-être devrais-je dire « unis vers s’y taire » ?) le porte-parole d’un présidentiable de la droite extrême et xénophobe ? Ou encore le racisme dont on a supprimé le mot race, et donc comment un mot inexistant pourrait-il exprimer un état dont la désignation a été supprimée ? Comme un membre coupé qui continue à vous faire souffrir ?
L’État raciste ? Nous pourrions y réfléchir ensemble les experts et nous, les non-contrôlés scientifiquement. Nous qui n’avons pas le Pass-culture, le QR code qui certifie que nous sommes aptes à passer le…
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Auteur: lundimatin

