De nouvelles inondations et coulées de boue ont ébranlé le Nord et le Pas-de-Calais, il y a quelques jours. À l’heure du nettoyage et du calcul des pertes, un même sentiment submerge les habitants sinistrés : ces désastres se multiplient, et pourtant, rien ne change.
Présidente de Nord Nature Environnement, Francine Herbaut lance « un appel au secours et un cri d’alerte » au Premier ministre démissionnaire, Gabriel Attal. Elle dénonce la paralysie des services publics face à ces catastrophes, et réclame la création d’une cellule officielle facilitant la participation citoyenne.
Reporterre — Dans la nuit du 31 juillet au 1er août, un orage a frappé le département du Nord. En première ligne, vous avez assisté à la détresse des sinistrés.
Francine Herbaut — La crue a été brutale. En quelques heures, les fortes précipitations ont déversé 90 mm d’eau. Charriant de la terre, des blocs de béton et toutes sortes de débris, l’eau est entrée dans les garages, a provoqué d’énormes dégâts puis est ressortie aussitôt. Cette énième inondation a réveillé le traumatisme des précédentes.
En tombant au mois d’août, ces inondations ont révélé des trous dans la raquette. Les forces de l’ordre sont mobilisées aux Jeux olympiques. Les maires, pour certains, étaient en vacances. Durant l’orage, le téléphone d’une mairie a été coupé et aucun plan B n’avait été prévu. Des sacs de sable ont été distribués pour sauver les logements, mais ceux-ci fuyaient.
Les bénévoles sont confrontés à la stupeur des familles sinistrées : « Toutes mes denrées sont perdues, comment je vais nourrir mes enfants ? Est-ce que je peux avoir accès aux Restos du cœur ? », « Est-ce que je peux rester chez moi si le niveau d’eau a diminué ? », « Y a-t-il un danger ? Lequel ? » Personne ne sait comment réagir. Il n’y a aucune consigne, aucun guide. Clairement, nous n’étions pas prêts. Or,…
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Auteur: Emmanuel Clévenot

