Mardi, à New York, la Russie et la Chine ont tenté d’empêcher la tenue d’une réunion consacrée à leur application. Ce n’est qu’à l’issue d’un vote procédural qu’une majorité a imposé la poursuite des débats.
L’épisode résume à lui seul l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui la diplomatie internationale sur cette question. Alors que des négociations sont en cours entre Washington et Téhéran pour tenter de mettre fin à la guerre opposant les deux pays depuis la fin février, les grandes puissances ne s’accordent même plus sur l’existence des règles censées encadrer la crise nucléaire iranienne.
Cette querelle juridique intervient alors que les inquiétudes sur le programme nucléaire du pays sont loin d’être dissipées.
La veille, à Vienne, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a confirmé que ses inspecteurs avaient perdu « la continuité de leur connaissance » d’une partie du matériel nucléaire iranien.
Parmi celui-ci figurent 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, un stock qui, après enrichissement supplémentaire, pourrait servir à la fabrication de plusieurs armes nucléaires et que l’agence n’a plus été en mesure de vérifier depuis juin 2025.
« Cette absence d’informations et d’accès signifie que l’agence n’a pas non plus été en mesure de vérifier la suspension de toutes les activités d’enrichissement, de retraitement et liées à l’eau lourde », a expliqué M. Grossi.
Un accord progressivement démantelé
Pour comprendre comment l’AIEA a pu perdre ainsi de vue une partie du programme nucléaire iranien, il faut remonter à l’accord conclu à Vienne en juillet 2015.
À l’époque, l’Iran acceptait de cantonner son programme nucléaire à des activités civiles et de le soumettre à un vaste régime d’inspections internationales. En échange, les sanctions qui pesaient sur son économie étaient…
Auteur: Nations Unies FR

