Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, à New York, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo, a dressé un constat inquiétant : après des mois de guerre et des années de restrictions imposées à ses inspections internationales, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne sait plus avec précision ce qui se passe dans les installations nucléaires iraniennes officiellement déclarées.
Plus grave encore, selon Mme DiCarlo, « l’agence estime que ces connaissances ne peuvent pas être rétablies ».
L’avertissement marque un tournant. Jusqu’ici, l’AIEA expliquait avoir perdu « la continuité de sa connaissance » d’une partie du programme nucléaire iranien. Désormais, cette rupture concerne l’ensemble des installations nucléaires du pays. Elle s’étend à la production et aux stocks de centrifugeuses, de leurs composants, d’eau lourde et de concentré de minerai d’uranium.
Cette évolution est lourde de conséquences. Depuis le début des années 2000, l’AIEA ne se contente pas de mesurer les quantités d’uranium enrichi produites par l’Iran ; elle reconstitue, étape après étape, l’histoire industrielle de son programme nucléaire. Cette continuité des informations permet de vérifier qu’aucune matière fissile n’a disparu, qu’aucune installation parallèle n’a été créée et qu’aucune activité n’a échappé aux contrôles.
L’AIEA vérifie que les États respectent leurs obligations juridiques internationales d’utiliser les matières nucléaires à des fins uniquement pacifiques.
Or cette mémoire s’est rompue.
L’Iran avait déjà cessé d’appliquer provisoirement le protocole additionnel du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) en février 2021, privant l’agence d’une partie de ses moyens d’inspection. Les…
Auteur: Nations Unies FR

