La diplomatie nucléaire peut-elle encore reprendre la main sur la guerre ? Alors que les négociations entre Washington et Téhéran piétinent, Rafael Grossi refuse de considérer le dialogue comme une cause perdue. Vendredi, devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le directeur de l’AIEA a appelé à relancer les discussions sur le programme nucléaire iranien, dont une partie des installations échappe toujours aux inspections internationales.
« Les travaux techniques préparatoires nécessaires ont été réalisés et les bases sur lesquelles un accord diplomatique pourrait être conclu existent », a-t-il assuré, exhortant les parties à « redoubler d’efforts » pour parvenir à une solution négociée. Une condition demeure toutefois incontournable. « Les inspecteurs de l’AIEA doivent pouvoir retourner rapidement en Iran, ce qui nécessite un retour à la table des négociations ».
L’avertissement intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis les frappes israéliennes et américaines contre ses installations nucléaires, en juin 2025, l’Iran a considérablement restreint l’accès des inspecteurs internationaux. La guerre déclenchée en février 2026 entre les États-Unis et l’Iran a encore compliqué les efforts diplomatiques.
Le problème ne tient pas seulement à l’état des installations endommagées, mais aussi au devenir des matières nucléaires qu’elles abritaient. Le gendarme du nucléaire estimait en mars qu’un peu plus de 200 kilogrammes d’uranium enrichi jusqu’à 60 % se trouvaient encore dans le complexe souterrain d’Ispahan, une autre partie étant conservée à Natanz. Un niveau d’enrichissement proche des 90 % nécessaires à la fabrication d’une arme nucléaire, sans que cela constitue en soi la preuve irréfutable d’un programme d’armement.
Une crise de confiance
En septembre, le conseil des gouverneurs de l’AIEA a décidé de saisir le Conseil de sécurité de…
Auteur: Nations Unies FR
