Nucléaire : l’opium des capitalistes – Chroniques de l’écologie bourgeoise

L’écologiste et expert des enjeux climatiques Clément Sénéchal tient pour Frustration une chronique régulière qui permet d’appréhender les liens entre capitalisme et destruction de l’environnement, entre écologie et luttes des classes.

Avec la centralité donnée au réchauffement climatique au sein de la lutte environnementale, la critique du nucléaire est tombée en désuétude. De son côté, la classe capitaliste s’est engouffrée dans la brèche, parvenant à opérer un retournement spectaculaire : repeindre en vert une menace existentielle à l’origine même du mouvement écologiste dans les années 1960, aujourd’hui englué dans l’échec. L’engouement délirant d’Emmanuel Macron pour le nucléaire cache en réalité un agenda conservateur : replier l’écologie sur la controverse technologique pour ne pas avoir à changer la société.   

« Vous voulez dire que les gens pourraient réussir à vivre dans ces mines pendant cent ans ? – Ce ne serait pas difficile, Mein Führer ! pardon, Monsieur le président. Les réacteurs nucléaires pourraient nous fournir de l’électricité indéfiniment ». Ainsi s’exprime le Docteur Folamour à la fin du film de Stanley Kubrick («Docteur Folamour, ou comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe »), alors qu’une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et l’URSS déclenchée accidentellement rend la planète inhabitable. La proposition du docteur Folamour, un physicien nazi recruté par les Etats-Unis après la seconde guerre mondiale, apparaît évidemment absurde, témoignage d’une hubris pathologique. Mais le président de la première puissance capitaliste du monde semble néanmoins la considérer sérieusement.

dr folamour film sur le nucléaire

Peter Sellers incarnant le Docteur Folamour dans le film de Stanley Kubrick du même nom. (Crédit : distribué par Columbia Pictures, domaine public)

Le mythe d’une énergie déterrestrée

Dans la satire glaçante de Stanley Kubrick,…

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Auteur: Clément Sénéchal