District de Sozak (Kazakhstan), reportage
Les dents et les cheveux de Diana Nauryzbaeva ont commencé à tomber après cinq ans à travailler au département de radioprotection de Sozak, un district au sud du Kazakhstan. « Ici, rien n’est surveillé. Ni les déchets [radioactifs], ni les seuils de radioactivité », témoigne cette écologue auprès de notre partenaire Vlast, le seul média indépendant du pays. Sozak est le haut lieu de l’extraction d’uranium du pays. L’économie de cette région peu densément peuplée dépend de l’activité minière, qui représente 60 % de la production nationale d’uranium.
L’exploitation de cette zone désertique a permis au Kazakhstan de se positionner comme le leader mondial de la production d’uranium, dont une partie atterrit dans les centrales françaises. Le pays représentait à lui seul 39 % de la production uranifère mondiale en 2024, selon la World Nuclear Association, dont 7 % par Orano, entreprise spécialisée dans les combustibles nucléaires détenue par l’État français. Depuis 2006, la multinationale possède 51 % de la coentreprise Katco, aux côtés de la société publique Kazatomprom qui en détient 49 %.
Katco exploite au cœur des steppes « la plus grande mine ISR (In Situ Recovery) au monde », selon Orano. La technique ISR consiste à extraire l’uranium en injectant une solution à base d’acide sulfurique dans des puits souterrains, afin de faire remonter le métal radioactif par réaction chimique. Une méthode louée par Orano comme « économique » et ayant « peu d’impact sur l’environnement », selon son site internet.
Pourtant, certains résidents sont convaincus d’effets négatifs de l’extraction d’uranium sur leur santé. En 2021, lors d’une consultation publique sur le développement d’un nouveau site de traitement d’uranium, des habitants de Sozak avaient alerté Katco au sujet « de taux de cancers en augmentation…
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