“Nuisibles” : les associations attaquent l’État en justice pour empêcher l’abattage d’1,7 million d’animaux par an

La science ignorée

Le renard, la martre, la belette, la fouine, le geai des chênes,  la pie bavarde, la corneille noire, le corbeau freux et l’étourneau sansonnet pourront être abattus sans quotas et toute l’année, même hors des périodes de chasse.

Les oppositions à cette disposition étaient pourtant nombreuses et argumentées. Le 9 mars 2025, le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) avait publié dans la revue Biological Conservation une étude qui remettait en cause l’efficacité de cette politique pour réduire les dommages attribués à ces espèces.

De même, un rapport de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), recommandait en 2024 « de ne pas reconduire l’arrêté triennal lorsqu’il arrivera à échéance » et préconisait « d’abandonner le principe d’une destruction systématique ».

Les associations de protection de la nature, unanimement opposées à cette politique causant la mort d’au moins 1,7 million d’individus par an, ont activement milité contre l’arrêté et tenté de faire pression via la mobilisation citoyenne.

« Cette décision intervient malgré les 75 000 contributions du public déposées lors de la consultation publique organisée du 9 au 30 juillet 2026 », constate la LPO. « Ces avis étaient pourtant défavorables à 89 % ». 

« C’est anti-démocratique. On sait très bien que les consultations publiques sont du vent », regrette Richard Holding, chargé de communication éditoriale de l’ASPAS pour La Relève et La Peste. « Nous appelons malgré tout à la mobilisation, pour occuper le terrain et faire monter la pression. Mais jusqu’à présent, aucun gouvernement en France n’a assez de courage politique pour s’affranchir du lobby de la chasse ». 

La bataille se poursuit en justice

Face à l’obstination gouvernementale à permettre la destruction systématique de millions d’animaux, de nombreux militants pour la…

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Auteur: Eloi Boye