Mercredi 6 mai, à 10 h, sur France Inter, avait lieu une émission intitulée : « N’y a-t-il qu’une seule façon de parler le français ? ». Les trois invités étaient Anne Abeillé, professeure de linguistique à l’université Paris Cité, Julie Neveux, maîtresse de conférences en linguistique anglaise à Sorbonne Université et Jean Pruvost, lexicologue, professeur des universités émérite. Autrement dit trois universitaires, spécialistes de la langue française, chacune et chacun dans sa partie.
Le fil conducteur de l’émission était celui-ci : « Le « bon français » est-il une norme universelle ou une construction sociale ? Linguistes et lexicologues montrent que, derrière les règles des puristes, se dessinent des rapports de pouvoir et des normes souvent arbitraires, loin d’une langue vivante, variable et partagée par tous ses locuteurs. »
Il y a néanmoins un point que je n’ai pas vu souligner dans ce débat (qui d’ailleurs n’en était pas un, les trois invités étant peu ou prou d’accord), c’était la simultanéité entre la mise en normes de la langue française, d’une part, et l’imposition de la société de cour bourbonienne, d’autre part. J’appelle société de cour « bourbonienne », celle des trois derniers « Louis » (Louis XIV, Louis XV, Louis XVI – et surtout celle du premier), société de conservatisme, de Contre-Réforme catholique, d’ordre moral, de hiérarchie, de mise au pas, de caste, d’étiquette, société qui a laissé, sur la mentalité des Français un certain nombre de séquelles, dont nous pâtissons encore aujourd’hui.
Remarque 1. De quand date la la mise en normes, officiellement, de la langue française ? De 1635, par l’initiative et la décision de Richelieu de créer l’Académie française. Cependant, le fonctionnement effectif de l’Académie (son rythme de croisière, si l’on peut dire…) ne débuta que sous Louis XIV. En effet, Richelieu mourut en décembre 1642 (sept ans…
Auteur: Philippe ARNAUD

