L’histoire est désormais ancrée dans les esprits : le 30 août 2021, un policier abattait Roger Nzoy Wilhelm de trois balles dans le corps sur le quai de la gare de Morges. Ce zurichois de 37 ans était à ce moment-là en proie à une souffrance psychique, le trafic ferroviaire était paralysé car il avait déambulé sur les voies, mais il n’avait blessé personne et il y aurait bien évidemment eu des manières de le calmer sans attenter à sa vie. Cette histoire tragique n’est pourtant pas un fait divers, mais un fait politique majeur, car à l’intérieur de l’affaire Nzoy se loge une réalité : cinq hommes noirs sont morts entre les mains de la police dans le canton de Vaud depuis 2016.
Dans les semaines qui ont suivi, la machine à impunité s’est mise en marche. Plusieurs hauts cadres de la police vaudoise (une institution dirigée par les Vert·e·s vaudois·es depuis plus d’une décennie) prennent la parole dans les médias depuis quatre ans pour dérouler le narratif de la « légitime défense ». L’accès à la justice des communautés Afro-descendantes est un combat en soi : le système judiciaire refuse dans un premier temps de reconnaître la sœur de Nzoy comme partie plaignante. On lui demande de prouver leur relation alors qu’ils sont issus des mêmes parents et portent le même nom de famille. Dans le débat public, la classe politique semble penser qu’il n’y a aucun problème vu que ces violences policières ne la touchent pas directement. Mais l’argument selon lequel il faut avoir confiance en la justice a du plomb dans l’aile après le spectacle désastreux qu’a représenté le procès Mike Ben Peter en 2023.
Le 26 novembre 2024, le procureur vaudois Laurent Maye décidait de clore l’affaire sans même organiser de procès. Circulez il n’y a rien à voir ! Ce qui n’était pas prévu au programme, c’est que sa décision soit annulée par le Tribunal cantonal en mai 2025. C’est une décision…
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