[1/2 — Covid-19 : l’obésité, une maladie environnementale mal traitée] Les personnes grosses sont plus vulnérables aux formes graves de Covid-19. Or, pandémie ou non, les autorités dissimulent les chiffres. Elles sont de surcroît incapables de mener une stratégie de santé pour lutter contre l’obésité. Tout comme d’autres maladies chroniques — asthme, diabète, cancers… —, elle est pourtant en pleine croissance. La faute, entre autres, à la dégradation de l’environnement et aux inégalités socio-économiques.
Depuis décembre 2021, le variant omicron du Sars-CoV-2 a déferlé sur l’Europe. Un pic de contamination a été atteint la dernière semaine de janvier avec une moyenne de 358 000 nouveaux cas quotidiens. Entre début et fin janvier, le taux d’incidence du Covid-19 a plus que quadruplé, passant de 835 à 3 736 pour 100 000 habitants. Le nombre d’hospitalisations a crû en parallèle, d’environ 8 % sur la dernière semaine de janvier, alors que les formes graves baissaient légèrement (-4 % en soins critiques). La France connaît cependant, depuis début février, un net recul de l’épidémie avec environ 232 837 cas positifs la première semaine du mois.
Au cœur de ces hospitalisations : des personnes âgées et des patients non vaccinés. Mais parmi les formes graves de Covid-19, il est une autre statistique qui reste peu étudiée : celle de l’obésité. Interrogées à de nombreuses reprises par Reporterre, ni Santé publique France, ni la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) n’ont été en mesure de fournir des données précises sur la prévalence de l’obésité chez les patients actuellement hospitalisés pour Covid-19. Pas plus que l’Assurance maladie — « débordée » — ou la Direction générale de la santé, malgré nos demandes répétées.
Dans son point épidémiologique hebdomadaire national du Covid-19, Santé publique France détaille pourtant chaque semaine l’évolution des hospitalisations (conventionnelle ou soins critiques) par régions et par âges. L’évolution de la vaccination en France y est également mentionnée. Mais l’évolution de la maladie chez les patients obèses n’en fait pas partie – pas plus que celle des autres maladies chroniques. Il faut chercher dans la montagne des chiffres pour trouver des informations éparpillées et datéees à travers le réseau sentinelle des réanimations. On déniche ainsi, dans l’une des publications de la région Aquitaine, document édité par…
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Auteur: Violaine Colmet Daâge Reporterre

