Obsèques hors de prix : « Il faut étendre la Sécurité sociale à la mort »

Mourir coûte cher en France. En 2026, les obsèques s’élèvent au moins à 4 000 euros et les tarifs ne cessent d’augmenter. Contrairement à la naissance d’un enfant, dont les frais sont intégralement pris en charge par la collectivité, pour la mort, c’est chacun pour soi. Ou pour les proches. Ce passage obligé de l’existence n’échappe pas aux logiques capitalistes et renforce encore les inégalités sociales.

C’est pourquoi le Collectif pour une Sécurité sociale de la mort milite pour l’extension de la Sécurité sociale à cette étape universelle. Les frais liés aux obsèques (inhumation, crémation, toilette mortuaire, etc.) réalisés au sein d’entreprises conventionnées seraient intégralement remboursés grâce à une cotisation salariale, détaille Alban Beaudouin, cofondateur du collectif et coauteur avec Jean-Loup de Saint-Phalle du livre Le Coût de la mort (Éditions du Détour, 2025).

Reporterre — Pourquoi la mort coûte-t-elle de plus en plus cher ?

Alban Beaudouin — Depuis une trentaine d’années, le marché funéraire est devenu un marché comme un autre : aujourd’hui, le prix moyen des obsèques se situe entre 4 000 et 5 000 euros, que ce soit pour une inhumation ou une crémation. Dans un rapport publié en 2019, la Cour des comptes soulignait que les prix augmentaient trois fois plus vite que l’inflation.

Cette hausse remonte à l’ouverture du secteur à la concurrence avec la loi Sueur en 1993. Auparavant, les communes orientaient les familles vers l’opérateur funéraire local ou disposaient de leur propre service de pompes funèbres, sous la forme de régie municipale. Le marché était largement dominé par les pompes funèbres générales (PFG), ce qui a suscité une forte mobilisation des opérateurs indépendants pour mettre fin à ce monopole. L’un des arguments des défenseurs de cette loi était que les prix baisseraient. C’est tout l’inverse qui s’est produit.

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Auteur: Jeanne Cassard