Occuper pour mieux régner

Un article de l’Empaillé n°12
Boui-boui, gargote ou cambuse, le terme de guinguette charrie un imaginaire populaire et festif, magnifiquement incarné par le Bleu-bleu, cette buvette clandestine de bric et de broc construite et tenue par Gilbert Vivien sur les bords de Garonne. Le bonhomme « avait résisté plusieurs fois aux encravatés municipaux, reconstruit inlassablement son boui-boui de tôle et de béton malgré les destructions administratives et n’avait jamais cessé d’y vendre sa bière tiède. Tiède, son corps l’était encore lorsque la mairie a dépêché engins de chantier et policiers pour effacer cet affront à l’ordre que représentaient ces tables et ces bancs construits en parpaings dans le lit du fleuve. Vite, vite, surtout ne pas laisser de trace !  ».

Ironie sordide, la métropole qui voulut à tout prix faire disparaître cette mauvaise engeance est aujourd’hui devenue friande de ces installations. Depuis quelques années, ces dernières se multiplient sur l’agglomération et comme l’affirme Ivo Danaf, patron de l’Union des métiers des industries de l’hôtellerie et propriétaire de discothèques à Toulouse : « Tous les professionnels veulent leur guinguette. » Le patron gère d’ailleurs celle de l’Écluse, située à la pointe de l’île du Ramier, réaménagée dans le cadre du chantier du Grand Parc Garonne. Le maire Jean-Luc Moudenc se félicitait alors : « Avec ce projet, c’est une nouvelle guinguette que nous offrons aux Toulousains, un lieu qui deviendra, comme celle du Quai de Tounis, emblématique de cette « convivencia » si typique de Toulouse. » Mais derrière la convivialité et la rentabilité économique de ce modèle, qui se résume finalement à l’installation d’un bar provisoire à peu de frais, se cache une véritable méthode d’occupation du terrain. On se souvient comment Jean-Pierre Rives, ancien joueur du Stade toulousain, avait construit en toute illégalité sa…

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Auteur: IAATA