La Croix : Le Hamas a choisi de lancer son offensive 50 ans après le début de la guerre de Kippour, le 6 octobre 1973. Quels symboles voyez-vous derrière cet anniversaire ?
Frédérique Schillo : Il y a un parallèle évident de nature à créer un choc psychologique en Israël. On est 50 ans presque jour pour jour après, c’est aussi un jour de shabbat, comme au déclenchement de cette guerre du Kippour, et c’est la fête qui marque la fin des fêtes de Soukkot. Cette attaque surprend par son intensité, avec ce barrage massif de roquettes et ces incursions par la terre, et dans les airs avec des drones. Ce mur de 6 mètres à la frontière avec Gaza, que Tsahal présentait comme imprenable, a été percé très facilement avec un bulldozer. On voit des images de terroristes qui s’engouffrent pour rôder dans les villes et dans des kibboutzim, autour de Gaza, passer de maison en maison pour tuer, brutaliser et prendre des civils en otages.
C’est un choc comme à Kippour pour l’opinion, mais toutes proportions gardées, car à Kippour, l’exploit de Sadate et de l’armée égyptienne était de passer le canal de Suez. C’était la dernière grande bataille entre forces conventionnelles contre Israël, la plus grande bataille de chars depuis la Seconde Guerre mondiale, on n’en est pas là : on parle d’une dizaine de terroristes qui se sont infiltrés sur le territoire israélien. Mais la stupeur, si elle n’est pas la même intensité, est de même nature. On voit les habitants appeler à l’aide, demander où sont les soldats, pourquoi il n’y a pas eu de riposte de l’armée de l’air, de contre-attaque.
Faut-il y voir une défaillance des services de renseignements et de l’armée ?
F. S. : Cette attaque rappelle Kippour aussi de ce point de vue là et du sentiment de vulnérabilité qu’elle génère chez les Israéliens. Il y a clairement eu une défaillance militaire et des services de renseignements. Il y a…
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Auteur: Recueilli par Julie Connan

