De vide-greniers en ressourceries, Danielle a adopté la seconde main pour ses propres achats depuis belle lurette. Pour les cadeaux, en revanche, c’est une autre histoire. Cette Iséroise de 67 ans a longtemps tergiversé : « Est-ce que le fait de payer le cadeau moins cher en diminue la valeur ? s’interroge-t-elle. Il doit y avoir un vieux truc judéo-chrétien : seconde main, second choix… Cela donne l’impression de se dévaloriser et de dévaloriser celui à qui on offre. » Un préjugé dont elle a fini par se défaire. Elle offre désormais de la seconde main à ses proches.
Il faut dire qu’ils en sont eux-mêmes adeptes : « Cela me facilite les choses, reconnaît-elle. Mais surtout avec un peu de réflexion, je me suis dit que le principal, c’est le plaisir qu’apporte le présent. »
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Les cadeaux d’occasion ou reconditionnés se font une place sous les sapins. Le baromètre réalisé par l’Ifop pour Leboncoin constate « une normalisation de la pratique » : en 2025, plus de 1 Français sur 3 prévoit d’en offrir au moins un à Noël. Motivées par des raisons écologiques ou simplement budgétaires, ces intentions sont plus marquées chez les jeunes adultes (18-34 ans) et les familles avec enfants.
La crainte de la radinerie
L’enjeu du verdissement des cadeaux n’a rien d’anecdotique : au total, plus de 300 millions de présents sont offerts à Noël, selon une estimation réalisée en 2022 par l’Agence pour la transition écologique (Ademe). Dans les conséquences environnementales des fêtes de fin d’année, l’organisme estime que les cadeaux constituent le plus gros poste (57 %), loin devant les déplacements (25 %) et l’alimentation (15 %).
Mais l’évolution vers la seconde main ne se fait pas sans résistances. Elle nécessite de surmonter « la préférence normative pour le neuf », décrypte Agnès Crozet,…
Auteur: Benjamin Douriez

