OIT : les enjeux d'une élection

Franz Wilhelm Seiwert. « Arbeiter » (travailleur), 1926

L’ordre juridique international édifié au lendemain de la seconde guerre mondiale est-il condamné à disparaitre pour laisser place aux seuls rapports de force entre quelques puissances hégémoniques ? A l’évidence une crise profonde affecte aujourd’hui toutes les organisations chargées d’élaborer ou faire respecter droit international et de promouvoir la coopération de tous les États dans des domaines aussi essentiels que le règlement pacifique des différends, la prévention ou la répression des crimes de masse, la santé, le travail, la sécurité alimentaire, l’éducation, la science ou la culture. Toutes sont aujourd’hui affaiblies ou menacées, au premier chef par les Etats-Unis qui se retirent de certaines de ces organisations, privent la plupart des autres des moyens financiers de poursuivre leur mandat et menacent même de représailles les États membres de celles qu’ils veulent faire disparaitre.

Face à un tel constat, nombreux sont ceux qui soutiennent que ces organisations n’auraient jamais été que des moyens utilisés par certains États pour assurer leur domination. Cette thèse n’a rien de neuf puisque, d’abord théorisée par Carl Schmitt, elle fut celle que défendirent l’Allemagne nazie ou l’Italie fasciste pour justifier leur retrait de la Société des Nations (SDN). Mais le réalisme dont elle se réclame ignore les leçons de l’histoire. A la même époque, le grand internationaliste George Scelle voyait dans la SDN « l’expression de l’interdépendance des États et de la solidarité des peuples, qui sont également des faits et non des idéologies » et prédisait que « si elle devait sombrer dans quelque cataclysme nouveau, celui-ci n’aurait sans doute d’autre résultat final que d’en faire sentir plus profondément la nécessité et de porter l’opinion publique à la reconstituer sous une…

La suite est à lire sur: blog.mondediplo.net
Auteur: Carlos Lopes & Alain Supiot