Brillant journaliste, éditorialiste engagé, le journaliste et écrivain Olivier Todd, décédé dans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 décembre, avait épousé toutes les contradictions du siècle dernier. Partagé entre l’Angleterre, le pays d’origine de sa mère, et la France, entre communisme et anticommunisme, entre Jean-Paul Sartre et Albert Camus dont il fut le biographe, il a marqué de sa plume vive et souvent acérée les colonnes du Nouvel observateur et de L’Express où il collabora longtemps avant de se tourner définitivement vers l’écriture.
C’est à une carrière d’universitaire et d’écrivain qu’Olivier Todd, né en 1929 à Neuilly-sur-Seine, s’était d’abord destiné après une scolarité au Lycée Henri-IV et des études de philosophie à Cambridge. Marié très jeune à Anne-Marie Nizan, la fille de Paul Nizan, il revient en France où il collabore à la revue Les Temps modernes, dirigé par Jean-Paul Sartre, tout en échouant à obtenir une agrégation d’anglais. Proche du Parti communiste, il se refuse cependant à y adhérer. Il exerce un temps comme enseignant, puis suite à l’échec critique de ses premiers livres, se tourne dans les années 1960 vers le journalisme grâce à son amitié avec Jean-François Revel.
Collaborateur de la BBC et du Nouvel Observateur, il couvre la guerre du Vietnam qui lui fait prendre définitivement ses distances avec le communisme et l’oppose durablement à Jean Daniel, directeur du magazine. Nommé à la tête de la rubrique société, il y reste cependant quelques années avant de s’en éloigner progressivement à partir de 1973.
Licencié de « L’Express » par Jimmy Goldsmith
Peu convaincu par l’union de la gauche, il amorce un recentrage politique et se rapproche de Valéry Giscard d’Estaing à qui il consacre en 1977 une biographie (La Marelle de Giscard : 1926-1974). C’est à ce moment-là qu’il rejoint L’Express comme éditorialiste…
Auteur: Céline Rouden

