Mesinges (Haute-Savoie), reportage
Les murs de planches ont été déchiquetés, le toit de tôle complètement aplati. En quelques minutes à peine, lundi 5 octobre, aux premières heures de la journée, la pelleteuse mécanique du chantier de l’A412 a détruit le petit chalet de bois, baptisé « anacabane », qu’occupaient quelques personnes de la zad située à Mesinges, en Haute-Savoie. Les derniers zadistes ont été entourés pendant plusieurs heures par les forces de police avant d’obtenir, après une heure de négociation, de pouvoir sortir sans poursuites ni contrôle. Les majestueux arbres qui entouraient le petit chalet, situé sur la commune d’Allinges, en Haute-Savoie, ont été abattus.
« Le siège de l’anacabane a duré quasiment trois heures, pendant lesquelles ils [les forces de gendarmerie] cognaient sur les murs, cachaient les fenêtres et se montraient lourdement armés… Ils étaient cachés avec des béliers derrière et on en avait aucune idée. On n’a pas pu avoir de soutien extérieur à cause du nombre de keuf présents, raconte l’un des occupants du chalet auprès de Reporterre. C’était notre maison, un lieu de vie collectif, une perspective insurrectionnelle et on la vengera. »
En début de soirée, plusieurs dizaines de gendarmes ont fait irruption dans la zad. Sans procéder à l’expulsion du camp, ils ont interpellé deux personnes. Selon les militants, cinq personnes en tout ont été interpellées dans la journée du 5 octobre, et deux personnes ont passé la nuit en garde à vue. Ces derniers jours, les actions s’étaient multipliées (militants sur des abatteuses, machines de chantier stoppées…) pour tenter de stopper les déboisements et préserver les zones humides et agricoles présentes sur le tracé.
La zad est née il y a un peu moins d’un an pour lutter contre cette autoroute devant relier la vallée, frontalière de la Suisse, à la ville de Genève. Elle se trouve sur…
Auteur: Benoit Pavan, Raphaëlle Lavorel
