En septembre dernier, l’inspection du travail découvre que soixante travailleurs d’une exploitation viticole, la plupart sans papiers, sont exploités et logés dans des conditions indignes et insalubres. Une enquête, notamment pour traite d’êtres humains, a été ouverte au parquet de Châlons-en-Champagne, dans la Marne. Mamadou, 39 ans, en faisait partie. Il raconte cet épisode traumatisant et la lutte entamée depuis.
Je suis arrivé de Côte d’Ivoire en France en octobre 2014. Depuis, je vis de petits boulots au noir de temps en temps. Cette année, début septembre, un ami m’a mis en contact avec un homme qui cherchait de la main-d’œuvre pour réaliser les vendanges en Champagne. Deux jours après notre premier contact, celui-ci m’a signifié que c’était bon, que je pouvais venir travailler dans la société nommée Avanim. Cette personne avait organisé un convoi avec de nombreux autres travailleurs pour se rendre en Champagne. On est partis de la porte de la Chapelle, à Paris, le 8 septembre vers 14 heures. Tout le monde avait été recruté différemment, via les réseaux sociaux, par des intermédiaires ou par des rencontres physiques.
On nous a mis dans un car. Il n’y avait que des hommes, l’employeur ne voulait pas de la présence de femmes. On est arrivés à 22 heures sur place, on n’avait rien mangé depuis le départ. Et c’est là que le calvaire a commencé. La première étape a été de nous transporter à l’endroit où nous devions être logés. Du car, nous avons été transférés dans des fourgonnettes où l’on nous a entassés à l’arrière à plus de dix, sans lumière. Nous étions comme des moutons. Puis nous sommes arrivés à l’endroit où nous devions être logés. Là, c’était la catastrophe absolue. La maison – si on peut appeler ça une maison – était…
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