Garons (Gard), correspondance
Un aéroport, des entrepôts logistiques de plusieurs centaines de mètres carrés, une usine Seveso et bientôt une usine de fabrication de croquettes… Les habitants de Garons, ville de 5 000 habitants située en périphérie de Nîmes, n’ont pas leur mot à dire sur les entreprises qui s’installent sur la zone d’activité de 159 hectares qui borde leur commune. C’est l’agglomération de Nîmes métropole, établissement public de coopération intercommunal à fiscalité propre (EPCI) regroupant 39 villes et villages, qui décide des projets qui sortent de terre au titre de sa compétence « développement économique ».
« On a l’impression d’être la poubelle de l’Agglo ! » s’indigne Morgan Lauer Chapelin, porte-parole de l’association Unis pour la qualité de vie à Garons qui lutte depuis deux ans contre le projet d’usine de croquettes Virbac. Il a appris la nouvelle par hasard sur internet, et a lancé l’alerte auprès des habitants depuis les réseaux sociaux. « À quel moment décide-t-on d’implanter des industries à côté d’un village sans aucune concertation et information ? » s’offusque-t-il.
Un permis de construire à 400 m des premières maisons
L’entreprise Virbac, sixième groupe pharmaceutique vétérinaire mondial, a obtenu un permis de construire à seulement 400 mètres des premières maisons de ce village relié directement à l’autoroute A54. Une autorisation accordée malgré l’avis défavorable des commissaires enquêteurs lors de l’enquête publique, l’opposition du conseil municipal et plusieurs manifestations ayant réuni des centaines d’habitants.
Ces derniers craignent les odeurs de la future usine dans un secteur déjà fortement exposé aux nuisances. « Garons fait déjà sa part au nom du développement économique. C’est la goutte de trop », estime Morgan Lauer Chapelin, aujourd’hui candidat dans une liste citoyenne…
Auteur: Estelle Pereira

