« Pendant longtemps, on nous a raconté que, pour être libre, il fallait partir. Monter à Paris, monter à Toulouse, monter quelque part… Nous, on a décidé de rester, ou de revenir. » Sur la place centrale de Najac, village de 700 habitantes dans l’ouest de l’Aveyron, Les Bonnes débroussailleuses (LBD) introduisent leur sixième pride rurale.
En 2020, ce collectif était à l’initiative d’une des toutes premières marches des fiertés à la campagne. Avant elles et eux, les précurseurs de Crest, dans la Drôme, avaient décidé en 2013 de défier leur maire UMP, Hervé Mariton, un des principaux opposants au projet de loi du « mariage pour tous ».
Une manifestation politique
Il y a six ans, c’est à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) que Les Bonnes débroussailleuses organisaient leur première pride, non sans quelques oppositions des pouvoirs publics. « La mairie avait tenté de censurer certaines musiques et ne voulait pas qu’on passe sous le porche de la cathédrale, qui était sur notre parcours », se remémore Robin, qui co-organisait la marche. Qu’à cela ne tienne : plus de 300 personnes avaient défilé cette année-là derrière un tracteur et une bétaillère aux couleurs arc-en-ciel.
Si le collectif a suscité certaines crispations, c’est que Les Bonnes débroussailleuses n’ont jamais voulu se contenter d’une marche festive et colorée, comme on peut parfois en faire le reproche à la principale pride parisienne. En préfecture, c’est d’ailleurs en tant que « manifestation politique » que leur toute première marche avait été déclarée.
« On n’a pas de char, pas de DJ. C’est vraiment une manif ! » insiste Ju, l’une des organisateurices. Ce 13 juin, à Najac, le discours d’introduction des LBD est résolument intersectionnel, féministe, antiraciste, antivalidiste, antifasciste, et rend hommage aux victimes des violences LGBTphobes – parmi lesquelles Caroline Grandjean,…
Auteur: Rozenn Le Carboulec

