A l’inverse de cette propagande niaise et hypocrite, malgré une médecine “de pointe” réputée pour sa performance, la Suisse est loin d’être un pays où l’accès à la santé est aisé et abordable. Contrairement à de nombreux pays qui optent pour un système de santé sur le modèle du service public, la Suisse possède un système de santé très libéral dont le financement repose en grande partie directement sur la population elle-même. Malgré les centaines de francs que nous investissons chaque mois dans l’assurance maladie, nous soigner convenablement semble de plus en plus hors de portée. Entre le coût des soins et les risques plus élevés de souffrir de maladies chez les personnes plus défavorisées, la santé est un domaine où les inégalités de classe sont particulièrement exacerbées.
Inégalités de santé et classes sociales
Car pendant qu’elles se targuent d’oeuvrer pour le bien commun en nous conseillant de mieux dormir, les assurances maladies et leur système de remboursement entravent l’accès le plus basique aux soins. Un assuré contraint d’opter pour la franchise la plus haute y réfléchira à deux fois avant de consulter, sachant que les soins sont chers et qu’il devra payer de sa poche. Ainsi, les statistiques du renoncement aux soins en Suisse sont vertigineuses : certaines études estiment que jusqu’à 20% de la population renonce à des médicaments ou des consultations médicales jugées nécessaires par manque de moyens financiers. Ce chiffre monte à 28% concernant les soins dentaires, qui ne sont pas remboursés par l’assurance de base.
Les primes d’assurance maladie ont augmenté de 159% en 20 ans. En 1999 la franchise maximum était de 1500chf ; aujourd’hui, un tiers des assurés opte pour la franchise actuelle la plus haute à 2500chf. Concrètement, les personnes les plus pauvres paient de plus en plus cher leurs primes d’assurance tout en sachant que celles-ci seront…
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