« Oui, on en veut à l’État. On en veut beaucoup à l’État. » À Paris, lundi 28 septembre, les pompiers mobilisés ne cachent plus leur colère. « La sécurité civile est à bout de souffle », dénonce Samuel Besson, adjudant-chef, membre de SUD-Solidaires.
Pour illustrer les moyens qu’ils attendent toujours, les manifestants ont apporté un Canadair bricolé à partir d’une carcasse d’avion. « On a fait avec nos moyens. Par contre l’État il a les moyens. » Depuis les annonces de renforts de 2022, la confiance s’est érodée : « On n’y croit plus à tout ce qu’ils vont nous raconter. »
Les témoignages décrivent des véhicules hors normes, des protections insuffisantes contre les fumées toxiques et un suivi médical défaillant. Travailler dans ces conditions, c’est « risquer sa vie à chaque intervention ». Après un été endeuillé par la mort de plusieurs collègues, les équipes poursuivent les interventions : « Nous sommes fin septembre et ça brûle encore en Ardèche ».
Les syndicats revendiquent 21 000 postes supplémentaires et une refonte du financement des secours. Dans le cortège, un pompier réclame « une rallonge de 2 milliards d’euros » : de quoi, selon lui, renforcer les effectifs, acheter des Canadair et financer « l’achat de plus de 200 camions » pour les feux de forêt. Avec un objectif : « remettre à flot un petit peu tout le parc matériel ».
Reportage de Lisa Lap.
Pompiers : Pourquoi ils craquent
Ce jeudi 13 août, les sapeurs-pompiers professionnels étaient appelés à la grève partout en France.
Auteur: Le Média
