Départager l’humanité. Humains, humanismes, inhumains, François Hartog, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 350 pages, 22,50 euros. Après Chronos. L’Occident aux prises avec le temps (paru en 2020 et réédité en Folio avec une préface inédite), l’historien poursuit ses interrogations sur l’évolution de notre rapport au temps, mais aussi sur le partage entre l’humain et l’inhumain, depuis l’anthropos grec jusqu’au XXe siècle, où l’homo inhumanus fut capable des pires horreurs.
Né en 1946, agrégé et docteur en histoire, helléniste formé notamment par Jean-Pierre Vernant, François Hartog a beaucoup travaillé sur l’évolution des expériences et approches du passé, du présent et du futur au fil des époques. Ce qu’il a désigné par le terme de « régimes d’historicité », complété par le concept de « présentisme », désignant la forme contemporaine de notre rapport au temps. Chercheur mondialement reconnu, il mène à la fois un travail d’historien et une recherche sur les formes d’écriture de l’histoire elle-même, en étudiant notre conception évolutive du temps selon les périodes.
Pourquoi vouloir départager – ou partager – l’humanité. Quel est l’objet de votre ouvrage ?
François Hartog : Partager est un verbe qui a plusieurs sens. C’est, d’un côté, trancher, séparer, donner à chacun sa part, son rang, sa place. Mais c’est aussi, de l’autre, partager quelque chose avec quelqu’un. Il y a ces deux possibilités contenues dans le mot lui-même. Si j’ai souhaité parler surtout du partage au sens de séparer, il y a quand même une présence à l’arrière-plan de l’autre signification, sur laquelle je n’ai pas centré mon propos. Parce que ma question était celle des…
Auteur: Olivier Doubre

