Les différents programmes de réaménagement des berges du Canal Saint-Denis, accélérés par la tenue des JO en 2024, font de ce territoire en transformation un lieu difficile à occuper. Pourtant, dans ces espaces en cours de rationalisation, certaines formes de vies résistent et s’opposent aux usages à venir. Des corps s’affirment et des gestes persistent, comme un droit à s’approprier les lieux. Un reportage photo de Marion Poussier, suivi de Brûle ce qu’il te plaît un inédit de Jane Sautière.

Le canal Saint-Denis est un canal long de 6,6 km qui relie le canal de l’Ourcq, dans le 19e arrondissement de Paris, à la section de la Seine située sur la commune de Saint- Denis. Avec la désindustrialisation et la baisse du transport fluvial, le canal a changé de vocation. Tout en restant support d’activités portuaires, il est devenu également à la fin du 20e siècle, un lieu de loisir, fonction que cherchent aujourd’hui à promouvoir les aménageurs dans le cadre du projet « parc-canal » lié au Grand Paris et à la tenue des JO en 2024.


Le projet de réaménagement mené depuis plusieurs années vise à ouvrir l’accès aux berges, à élargir les usages du canal et à renforcer son attractivité (Grand Paris Express, Centre commercial millénaire, développement de nouvelles pratiques festives et de loisirs…). Derrière ces grands projets d’aménagement, il faut voir aussi une volonté manifeste de lisser la ville, de rentabiliser et rationaliser chaque espace au détriment des usages qui sont déjà fait de ces lieux par les populations – le plus souvent à la marge – qui y vivent. La section du canal sur laquelle j’ai resserré mon travail se situe sur la commune d’Aubervilliers, l’une des plus pauvres de France, représentative de nombreuses problématiques contemporaines : accès au logement, gentrification, pauvreté, flux migratoires. Le paysage se partage entre la mise en place d’une…
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Auteur: dev

