« On est les parias de l'enseignement supérieur » : ultra-précaires, les vacataires des universités ne lâchent pas

Le 13 octobre, jour de l’arrivée du budget 2027 à l’Assemblée nationale, dans la manifestation lycéenne de Paris, il y avait aussi des travailleurs précaires des universités, des enseignants vacataires.

150 000 vacataires

Les universités françaises comptent environ 57 500 enseignants-chercheurs titulaires, maîtres de conférences et professeurs des universités. À leurs côtés, quelque 150 000 enseignants vacataires donnent aussi des cours et sont en charge de travaux dirigés (TD). Ce sont des doctorants en thèse, des postdoctorants, des intervenants extérieurs, parfois, mais aussi des enseignants réguliers. Ces vacataires font tourner les universités, mais sont bien moins payés que les titulaires, et perçoivent leur rémunération des mois après avoir travaillé, à l’encontre de la loi.

« J’ai un doctorat. Huit ans d’études après le bac, une thèse, des années de recherche. J’enseigne à l’université française. Devant les étudiants, on m’appelle “chargée d’enseignement”. Sur ma fiche de paie – quand elle arrive – on m’appelle “heures complémentaires”. Je surveille les examens le samedi. Je corrige les copies le soir. Je réponds aux mails, je prépare mes cours, j’assiste aux réunions. De tout cela, une seule chose est payée : l’heure où je suis debout face à la salle. Le reste, l’université le reçoit gratuitement. Je suis souvent payée avec des mois de retard. Rapporté aux heures réelles, mon salaire passe sous le Smic. Et l’an prochain, rien ne me garantit qu’on aura encore besoin de moi – ni qu’un poste existera pour celle que l’on a pourtant formée pendant dix ans. » C’est l’un des témoignages anonymes recueillis par le collectif Je suis Léa, créé ce mois-ci pour alerter sur la précarité grandissante de ces « chargés d’enseignement vacataires ».

Précaire depuis 21 ans

Des dizaines de témoignages de vacataires de l’université ont été…

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Auteur: Rachel Knaebel