Teulat (Tarn), reportage
Ce n’est pas une scène que l’on a l’habitude de voir dans le feuilleton de l’A69. À environ 11 h 30, vendredi 6 mars, une pelleteuse et plusieurs camions-bennes ont été escortés hors du chantier de l’A69 par une quinzaine d’habitants de Teulat, dans le Tarn, et des alentours.
Arrivés deux heures plus tôt sur les lieux, les riverains ont rapidement bloqué les machines, notamment en escaladant le bras mécanique de la pelleteuse, et contraint les ouvriers à suspendre leurs activités.
« Cela fait dix jours que l’on constate des travaux illégaux dans cette zone »
« Cela fait dix jours que l’on constate des travaux illégaux dans cette zone. Atosca n’a pas le droit d’effectuer des opérations ici, puisque cette parcelle est hors de l’emprise initialement prévue dans l’autorisation environnementale », dénonce Gilles Garric, membre du collectif d’opposants La Voie est libre et habitant de Teulat.
« On a pris des photos et des vidéos, alerté les services de l’État, mais rien ne se passe. Atosca jouit d’une impunité totale. On n’a pas d’autre choix que de s’opposer physiquement à ces illégalités. On fait le travail de la préfecture, puisqu’elle ne le fait pas », raconte-t-il.
Vers 9 h 30, un escadron de gendarmes arrive sur place et s’enquiert des revendications des opposants. Derrière son téléphone, avec lequel il filme l’opération en direct pour sa communauté Instagram, Thomas Brail, fondateur du Groupe national de surveillance des arbres, échange avec les forces de gendarmerie.
« On ne partira pas de cette parcelle tant que nous n’aurons pas un document certifiant qu’Atosca a le droit de travailler ici. On sait que ce document n’existe pas, donc on exige qu’ils retirent leurs machines. Ce n’est pas nous qui sommes dans l’illégalité, c’est eux », dit-il en pointant du doigt les chefs de chantier et les ouvriers un peu plus…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

