Douzillac (Dordogne), reportage
En entendant le craquement de nos pas, une petite renarde se cache sous une planche de bois. « On l’a récupérée quand elle était bébé. Elle était attachée par la queue et utilisée pour amuser des chiens, qui la mordaient. » Les horreurs vécues par les renards, Carine Gresse les raconte avec une voix douce et beaucoup de distance. Ici, elles appartiennent au passé : au Clos des renardises, une dizaine de renards vivent ensemble et coulent des jours heureux dans un enclos de 2 000 m². Depuis 2023, le refuge accueille des renards trop handicapés ou imprégnés pour regagner leur milieu naturel, et leur offre une seconde vie.
L’idée est née d’un triste constat : « À part l’euthanasie, aucune solution n’existait pour des renards soignés à la suite d’un accident ou de maltraitances humaines, mais qui conservaient des séquelles », explique la fondatrice et présidente du lieu. Le refuge est d’autant plus important qu’un arrêté pris le 21 août permet de piéger, déterrer ou tirer sur l’animal (moyennant autorisation).
Ancienne assistante vétérinaire, Carine Gresse passe des années à mûrir son projet. À 40 ans, elle reprend des études pour se spécialiser dans la faune sauvage, et passe quatre ans à la LPO Aquitaine en tant qu’écovolontaire. « Quand je leur parlais d’un refuge pour renards, personne n’y croyait ! On me disait qu’on allait me mettre des bâtons dans les roues… »
Un refuge au pays de la chasse
Ouvrir un refuge de renards en Dordogne, pays de la chasse, le pari était risqué. Carine Gresse trouve pourtant le lieu idéal et s’attèle à convaincre la population locale : elle organise une réunion en conseil municipal, où sont conviés les présidents des sociétés de chasse locales. « On coopère cordialement avec les chasseurs. On n’est pas là pour monter les gens les uns contre les autres, et tout est bien plus constructif…
Auteur: Alban Dejong, Amandine Sanial
