Oraison (Alpes-de-Haute-Provence), reportage
« Je n’avais jamais vu autant de monde pour un conseil municipal. » Devant la mairie d’Oraison, paisible bourgade de 6 000 habitants, une conseillère municipale d’opposition contemple avec stupéfaction la quinzaine de manifestants qui se sont rassemblés, le 8 octobre au soir.
« Ne coupons pas la branche sous laquelle nous sommes au frais », « La nature n’est pas à vendre », « Greenwashing énergétique, destruction écologique »… Les pancartes sont claires : les manifestants comptent protester contre la modification annoncée du Plan local d’urbanisme (PLU) de la commune, qui vise à déclasser une dizaine de parcelles de forêt communale afin d’y installer un parc photovoltaïque de 18 hectares (dont 8 hectares de panneaux). Benoît Gauvan, le maire d’Oraison — un macroniste de la première heure et soutien de Gabriel Attal — espère ainsi dégager 500 000 euros de retombées annuelles pour sa commune. De quoi « quasiment effacer » les 650 000 euros d’emprunt remboursés chaque année par le village.
Les manifestants rassemblés devant la mairie ne l’entendent pas de cette oreille. Les projets photovoltaïques en forêt sont déjà nombreux dans les Alpes-de-Haute-Provence. En 2024, ce petit département rural — le moins peuplé de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur — était le troisième producteur d’énergie solaire de la région, avec 460 mégawatts raccordés au réseau (17 % du total régional).
La commune des Mées, voisine d’Oraison, accueille depuis 2012 l’un des parcs photovoltaïques les plus grands de France (environ 200 hectares). Les projets actuellement à l’étude sont moins vastes, mais ils concernent tout le département. Le collectif Elzéard Lure en résistance, dont les membres constituent ce soir le gros des manifestants, y recense une quinzaine de « zones à défendre ».
« La biodiversité n’est…
Auteur: Lyse Mauvais
