L’invité d’honneur de cette rencontre était Judith Butler, professeur émérite à Berkeley et l’une des philosophes contemporaines les plus importantes. L’évènement devait aussi comporter une retransmission d’un discours d’Angela Davis, figure importante de l’antiracisme étasunien.
Contactée par Libération, la mairie de Paris a commencé par rappeler que « la lutte contre l’antisémitisme et le racisme, contre les inégalités femmes-hommes et contre l’homophobie font partie des valeurs cardinales sur lesquelles repose l’action de la Ville de Paris et que la Ville demande à toute organisation avec laquelle elle a des relations contractuelles de respecter ». Or, poursuit la mairie, « lors du débat du 6 décembre, le risque est majeur que des propos qui contreviennent à ces principes non négociables soient tenus. Par ailleurs, les polémiques inévitables qui s’ensuivront seront de nature à troubler l’ordre public d’une manière qui est incompatible avec l’affectation normale du bien du domaine public dont le Cirque électrique est affectataire ».
Passons sur l’aspect orwellien de l’affaire : quelque obscur préposé de la mairie de Paris à la culture (ou à la police, la différence est de nos jours assez impalpable) aura justifié l’interdiction d’une conférence de Judith Butler, philosophe actuelle majeure des questions de genre, en invoquant les « inégalités femmes-hommes » et « l’homophobie ». Plus sérieusement, cette annulation est un exemple parmi beaucoup d’autres du cadenassage du débat public par une sphère politico-médiatique qui a perçu le danger que représentait, pour l’idéologie sioniste qu’elle tente d’imposer non pas comme la seule pensable, mais même comme la seule légale, une pensée universitaire authentiquement libre et critique. Alors que le pronostic vital de la bande de Gaza est engagé, alors qu’en France, des franges importantes du pays réel sont…
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Auteur: Marwan RASHED
