Marc Bloch entrera au Panthéon 82 ans après avoir été assassiné par la Gestapo. La médiéviste Eliana Magnani revient sur l’apport de cet historien majeur du XXᵉ siècle qui a profondément renouvelé sa discipline, notamment en l’ouvrant aux sciences sociales.
Médiéviste, victime des lois antisémites du régime de Vichy, républicain et résistant assassiné à 57 ans, Marc Bloch entrera au Panthéon le 23 juin 2026. Il est considéré comme l’un des plus grands historiens du XXe siècle. Vous avez participé à l’ouvrage collectif Marc Bloch, l’histoire en résistance. Qui est-il pour vous ?
Eliana Magnani Oui, il est un très grand historien. Il a montré qu’on ne peut pas comprendre le passé sans être pleinement conscient du présent. Sa vie était assez exemplaire de ce point de vue parce que c’était quelqu’un de très engagé dans la cité. Pour Marc Bloch, l’historien n’est pas simplement un scientifique, c’est aussi un citoyen, un acteur du monde dans lequel il vit.
Son apport est aussi important sur un autre point : le rôle qui est donné aux historiens de faire émerger la vérité historique. Bloch défend une véritable exigence méthodologique pour approcher au plus près une vérité du passé. C’est intéressant, surtout à notre époque où cette notion de vérité est parfois remise en cause.
On oublie presque parfois qu’il était un historien du Moyen Âge. Quel médiéviste…
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