Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), reportage
« Aujourd’hui, le cancer est une épidémie. Plus personne ne peut dire qu’il ne connaît pas quelqu’un touché par la maladie », constate amèrement Armelle Gomez, l’une des fondatrices de la section du collectif Cancer Colère au Pays basque. Elle-même ne connaît que trop bien les couloirs des services d’oncologie : elle en est à sa cinquième récidive de cancer en dix ans.
En juillet, le vote de la loi dite d’urgence agricole, qui acte la réintroduction de deux pesticides nocifs, l’acétamipride et le flupyradifurone, a été vécu par les activistes comme une « honte ».
« Ils sont les alliés du cancer, il est temps de le faire savoir ! »
Pour protester, ce samedi 29 août, ils sont une cinquantaine à s’être donné rendez-vous devant la permanence du sénateur Max Brisson à Biarritz. Le parlementaire Les Républicains (LR) a voté pour la loi, tout comme sa collègue sénatrice elle aussi des Pyrénées-Atlantiques, Denise Saint-Pé. « Ils sont les alliés du cancer, il est temps de le faire savoir ! » concluent sous les applaudissements Armelle Gomez et Jokin Elizagoyen, également de Cancer Colère.
L’agriculture bio, première alliée des citoyens
Parmi la petite foule qui salue les prises de parole, des paysans ont fait le déplacement. Car si les deux principaux syndicats — la FNSEA, le syndicat productiviste, et la Coordination rurale, dont des cadres sont proches de l’extrême droite — ont soutenu la loi agricole, ce n’est pas le cas de la Confédération paysanne, dont la section locale (ELB) a appelé à soutenir la mobilisation.
D’autres sont venus à titre personnel comme Édouard Elixar, qui a perdu sa fille il y a vingt ans d’une tumeur au cerveau. Elle était alors âgée de 6 ans. L’éleveur de brebis était en conventionnel, la maladie de sa fille a été l’un des déclencheurs qui l’a convaincu de passer en bio. Mais…
Auteur: Chloé Rébillard
